Texte non édité-CRC/C/88/D/95/2019 estimé la présence directe de l’oncle et cousins de l’enfant n’est aucunement indispensable pour satisfaire les besoins vitaux de l’enfant et de sa mère, un lien de dépendance, tel que défini par la Cour européenne des droits de l’homme, n’existant pas. 5.22 En outre, il considère que l’auteure n’a pas démontré en quoi l’État partie violerait les articles 19, 22, 37 et 39 de la Convention. En ce qui concerne la violation alléguée de l’article 22 de la Convention, il rappelle que l’auteure et son fils ont obtenu une protection subsidiaire en Bulgarie et jouissent d’un séjour régulier là-bas. Par rapport à la violation alléguée de l’article 37 de la Convention, l’État partie soutient que rien ne permet de conclure que l’auteure et son fils, y seraient exposés à des traitement inhumains ou dégradants. En ce qui concerne la violation alléguée l’article 39 de la Convention, l’État partie estime que les griefs médicaux invoqués par l’auteure ne revêtent pas une spécificité telle qu'ils ne pourraient être pris en charge en Bulgarie. 5.23 Par rapport à la tierce intervention, l’État partie considère que les remarques générales présentées ne sont pas de nature à remettre en cause l’appréciation du cas d’espèce par les autorités nationales. Il estime que le renvoi de l’auteure et son fils est compatible avec le principe de non-refoulement. Il constate aussi que les questions soulevées par la tierce intervenante en lien avec l’apatridie n’ont jamais été soulevées, ni explicitement ni même en substance, par l’auteure ou son fils dans le cadre de leur procédure d’asile en Suisse. Partant, il estime que ce point n’est pas recevable au sens de 1’article 7 (e) du Protocole. Commentaires de l’auteure sur la tierce intervention 6.1 Dans ses commentaires sur la tierce intervention en date du 16 juillet 2020, l’auteure maintient que l’Etat partie n’a pas suffisamment pris en considération l’intérêt supérieur de l’enfant dans ces décisions. Elle considère également que le droit de l'enfant d'être entendu est étroitement lié à l'obligation de déterminer l'intérêt supérieur de l'enfant car l'opinion de l'enfant doit être prise en compte lors de cette détermination. Elle estime que son enfant était d'un âge où il aurait pu facilement être entendu dans des circonstances appropriées et adaptées aux enfants. 6.2 Par rapport à l’obligation de non-refoulement, l’auteure soumet deux rapports médicaux en date du 7 juillet 2020. Selon le rapport du Dr. Angeles Perez Fuster et du Dr. Nadia Bouatay, son fils souffre d'un trouble de stress post-traumatique et de dépression qui sont liés à ses expériences traumatiques en Bulgarie, notamment l'emprisonnement et la violence aux mains de la police bulgare, la disparition soudaine de son père et d'autres membres de sa famille en Syrie et les propres problèmes psychiatriques graves de l’auteure. Le rapport note une amélioration de l'état de son fils y compris de ses résultats scolaires. Il souligne également le rôle de soutien que joue sa famille élargie en Suisse dans sa vie. Le rapport souligne également la nécessité pour son fils de pouvoir continuer à recevoir un traitement médical régulier et soutenu. Le rapport conclut qu'une rupture brutale avec son environnement en Suisse mettrait gravement en danger son développement en tant qu'enfant. 6.3 Le deuxième rapport médical du Dr. Jonathan Drai et de la psychologue adjointe Mme. Méline Maksutaj concerne l’auteure. Le rapport met en évidence ses graves problèmes psychiatriques dont l'anxiété et la dépression avec des idées suicidaires associées. L’auteure reçoit depuis un an et demi un traitement psychiatrique et psychothérapeutique soutenu comprenant des médicaments anxiolytiques. Elle voit son psychothérapeute une fois toutes les deux semaines. Le rapport médical souligne que l’auteure a des liens étroits avec son frère et sa belle-sœur en Suisse, et que ces liens familiaux sont essentiels à la stabilisation puis au maintien de son état psychique. De plus, selon le rapport, une interruption soudaine de son traitement lui ferait courir un risque de décompensation et de suicide, nécessitant une hospitalisation psychiatrique immédiate. 9

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